Confirmation d’Alphonse VI du testament de Gonzalo Ferrandiz pour Sahagun

by Augustin. R on 6 décembre 2018

Confirmation par Alphonse VI du testament de Gonzalo Ferrandiz en faveur de l’abbaye de Sahagun [source](1080)

Introduction

   Le début du XIe siècle est une période charnière dans l’histoire culturelle, religieuse, militaire et politique de l’Espagne. La langue castillane devient progressivement la plus importante dans la zone d’influence d’Alphonse VI. La chute du califat de Cordoue en 1031 et le morcellement en taïfas des sphères d’influences des musulmans, permet à Ferdinand Ier puis à son fils Alphonse VI d’effectuer les premières reconquêtes chrétiennes contre les musulmans. Le monde chrétien ibérique s’ouvre aux cultures « européennes » que ce soit avec le royaume des Francs, l’Italie ou bien même la papauté. Il s’effectue un échange commercial, mais surtout humain avec l’arrivée de colons, de militaires qui transportent avec eux leurs idées, leurs œuvres. Il y a une ouverture de l’Espagne au monde outre-Pyrénéens. De plus le règne de Ferdinand Ier puis de son fils d’Alphonse VI sont marqués par une prédominance politique de la Castille sur les territoires chrétiens de la péninsule Ibérique et d’un changement du rapport de forces entre musulmans et chrétiens au profit de ces derniers. À la mort de Ferdinand Ier en 1065 son territoire est divisé entre ses enfants. Dès lors des querelles fratricides éclatent, plongeant l’Espagne chrétienne dans une période de troubles. En 1072, Alphonse récupère la Castille à son frère Sanche. Il devient alors le possesseur de la Castille et du Leon sous le titre d’Alphonse VI. Dans les années qui suivent, il poursuit sa reconquête sur ses frères et sœurs pour former de nouveau le royaume de son père. Il en vient même à utiliser le titre « imperator totus hispaniae », soit l’Empereur de toutes les Espagnes, au cours de son règne, marquant sa domination sur le monde chrétien espagnol. Il participe également à l’ouverture de l’Espagne au monde outre-Pyrénéens grâce à son mariage avec Agnès la fille de Guillaume VI duc d’Aquitaine, puis son mariage avec Constance de Bourgogne en 1080, peu de temps avant la réalisation du document dont il est question ici. Alphonse VI se rapproche beaucoup de la papauté, en tisant des liens avec le pape Grégoire VII qui est en pleine réforme de l’Église. Cette période marque le retour définitif de la papauté dans la péninsule Ibérique et le début des idées de croisades.

Les documents du monastère de Sahagun et ceux de la cathédrale de Leon sont des sources importantes de l’histoire de Leon avant son rattachement définitif à la Castille en 1230. Nous avons affaire ici à une confirmation testamentaire en faveur de l’abbaye de Sahagun datant de 1080. Ce document se retrouve au sein de la Coleccion diplomatica del monasterion de Sahagun qui est composées de deux volumes. Ces derniers ont pour but de publier des sources du monastère de Sahagun en rassemblant 797 documents datés de 1000 à 1109. Il vient s’y ajouter 12 documents du Xe siècle. Les deux volumes s’intègrent dans une importante collection nommée Fuentes y Estudios de Historia Leonesa dirigée par J. M Fernandez Caton, dont ils sont les numéros 36 et 37. Le texte que nous étudions se trouve dans le numéro 37, qui fait donc parti d’un regroupement de textes et qui a été publié en 1988. Ce document fut écrit par Roman que nous supposons être un moine de l’abbaye qui a transcrit les paroles d’Alphonse VI. La charte date de 1080, cependant nous pouvons lire qu’elle fut confirmée « l’année 1118 de l’ère ». Ce n’est pas une erreur. Au XIe siècle, il est utilisé en Hispania, un calendrier différent du calendrier grégorien actuel. C’est l’ère d’Espagne, qui commence en 38 avant J-C.

Comme tout acte diplomatique du Moyen Âge, ce document respecte des normes de composition. Nous retrouvons tout d’abord le protocole qui se divise en plusieurs parties permettant d’introduire le document. L’invocation est la première norme à apparaître. Elle permet de placer le document en question sous le patronage de Dieu. Ici, c’est le chrismon (monogramme du Christ, constitué des deux premières lettres de son nom grec) qui réalise l’invocation. Ensuite vient l’étape de la suscription. C’est dans cette partie que l’auteur du document se présente : l.1 « Alphonse, empereurs des Espagnes ». La titulature est ici suivie d’une formule de dévotion « par la grâce de Dieu » qui permet d’indiquer le fondement divin de la charge que l’auteur exerce. À la suite de cette formule vient l’adresse « à tous les comtes, ducs, et magnats qui me représentent ». La dernière étape du protocole est le salut : l.2 « salut ». La deuxième grande partie d’un acte diplomatique est le texte. Il comprend un préambule, ici de la ligne 2 à 5 qui exprime les motifs de la confection du testament. Ce n’est pas forcément des motifs liés à l’acte en lui-même, mais des motifs généraux tels que le souci du salut éternel. L’exposé qui vient ensuite présente quant à lui des motifs plus concrets. Ici il est sous forme d’un récit de la ligne 5 à 20. Le dispositif est le cœur de l’acte où est inscrit la décision prise par l’auteur, dans notre cas la donation de biens de la ligne 21 à 29. La dernière étape du texte est la corroboration (l.30-31), qui est une de mise en garde contre les individus souhaitant ne pas appliquer le testament. La dernière grande partie du testament, est l’eschatocole. Elle donne la date, l.32 ; et les signes de validation, par le nom des témoins suivit de leur seing.

Le document est une transcription des dires d’Alphonse VI. Il commence par se présenter puis annonce à travers un récit vouloir se faire inhumer au monastère de Sahagun, le lieu des saints Facond et Primitif. Par la suite, Alphonse VI explique qu’un de ses magnats, Gonzalo Ferrandiz, proche de la mort a pour souhait de léguer ses biens au même monastère. Pourtant, le souhait de ce magnat n’est pas exaucé car aucun testament n’est réalisé. Son héritage revient alors à sa sœur. Alphonse VI se doit de remettre de l’ordre dans cette affaire testamentaire litigieuse. Un testament est alors établi au nom de Gonzalo Ferrandiz afin de redistribuer les biens entre sa sœur et l’abbaye. Cette confirmation par Alphonse VI du testament de Gonzalo Ferrandiz est alors approuvée et confirmée par de nombreux témoins.

Nous allons alors nous demander, comment par le biais de cette confirmation testamentaire, Alphonse VI parvient à clarifier d’un côté des problèmes d’héritages tout en glorifiant de l’autre son pouvoir royal et l’abbaye de Sahagun ? Ainsi pour y répondre nous allons tout d’abord étudier l’importance de l’abbaye de Sahagun. Puis nous analyserons comment cet héritage montre la puissance d’Alphonse VI et de sa cour face à la papauté.

I – L’abbaye de Sahagun, un lieu de puissance

   L’abbaye de Sahagun est située dans la province de Leon. Elle est située sur le lieu de la mort potentielle de deux martyrs Saint Facond et Saint Primitif, décapités en 300 après J-C. Elle est également une étape de passage et de recueillement sur le long pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, un autre martyr du christianisme décapité en Palestine et débarqué sur les côtes de Galice. C’est donc un haut lieu du christianisme, mais aussi un haut lieu de la royauté pour Alphonse VI. Très proche et attaché au lieu, comme nous pouvons le lire tôt dans le texte « Je me suis appliqué à glorifier le lieu des Saints Facond et Primitif » lignes 2 et 3. Cette abbaye fondée par Alphonse III des Asturies au début du Xe siècle, devient avec le temps l’un des monastères royaux les plus importants de Leon. Malgré le fait que les rois chrétiens sont itinérants pendant une bonne partie du Moyen Âge, elle devient un lieu important lors de leur période de sédentarisation. Les rois doivent se déplacer partout dans le royaume pour faire respecter leur autorité et Alphonse VI ne déroge pas à la règle. Il a énormément circulé dans la péninsule Ibérique que ce soit pour assoir son pouvoir, ou bien pour faire conquête contre les musulmans. Pourtant il s’installe de manière pérenne dans l’abbaye avec sa cour comme son père avant lui. Son attache à ce lieu se traduit par le souhait d’y reposer après sa mort « je choisis de reposer après ma mort ici même, de sorte que, défunt, je continue de soutenir ce lieu que j’avais profondément aimé durant ma vie » lignes 5 et 7. Le désir du roi est atypique car la nécropole de ses prédécesseurs était située dans la basilique Saint-Isidore à Leon. Cet attachement du roi pour cette abbaye s’explique par son enfance passée dans ce monastère bénédictin et les longs hivers qu’il passe dans la vallée de la Cea tout au long de sa vie. Il participe activement à la consolidation et l’expansion de la ville et de l’abbaye de Sahagun par des donations royales tout au long de son règne. Cette mise en valeur par Alphonse VI est suivie par la noblesse qui effectue également les donations et participe au développement de la ville et de l’abbaye. Ainsi le monastère se retrouve propriétaire d’innombrable propriétés dans la région et donc des revenus qui en découlent. Gonzalo Ferrandiz est un acteur de la création de l’impressionnant parc de propriétés de l’abbaye, avec la donation de la villa « de Covellas », « d’Asner » et « de Villella ». Ce sont des villas, mais associées à des terres, des bâtiments agricoles, tels que des vignes ou des moulins, des routes, des ruisseaux etc. L’abbaye peut donc en tirer tous les bénéfices, via les récoltes et la collecte des droits qui s’y impose.

Cette prospérité est synonyme également de problème et l’affaire du testament de Gonzalo Ferrandiz en est un que ce soit pour l’abbaye mais également pour le roi. Le résoudre et appliquer les rites romains testamentaires est un double message pour Alphonse VI. Le premier est lié directement avec le lien qu’il possède avec ce lieu, le second est en lien avec la papauté mais nous le développerons ultérieurement.

 

   L’objectif du testament est de préparer sa mort que ce soit humainement, avec la transmissions de ses biens, mais également un moyen de l’organiser spirituellement, afin de donner ses souhaits pour atteindre le Paradis. En effet au Moyen âge on se préoccupe beaucoup du salut de l’âme. C’est-à-dire qu’on souhaite que l’âme du défunt accède au paradis. Chacun cherche à préparer sa mort et surtout à gagner sa place au paradis.  Cette préoccupation est visible dans le texte et argumente le fait que Gonzalo Ferrandiz offre au monastère des Saint Facond et Primitif tant de terres. On peut le voir aux lignes 9-10 « il ordonna de donner tout son héritage à ce même monastère, afin que son âme obtienne l’aide divine grâce à la prière des serviteurs de Dieu ».  Cette volonté est rappelée une deuxième fois à la ligne 30 « désirant obtenir l’héritage du bienheureux ». Les dons aux monastères apparaissent donc comme une garantie au Salut du défunt. Ce n’est pas un cas à part, au Moyen-âge on trouve de nombreuses donations faites à l’Eglise. En échange de ses biens Gonzalo Ferrandiz, souhaite que les moines prient pour lui afin d’accéder au Salut, et obtenir la vision béatifique.

Ces donations post mortem sont une grosse source d’argent et de profit pour les églises. Ainsi l’erreur d’héritage effectuée par l’abbé Bernado est un manque à gagner pour l’abbaye de Sahagun. Alphonse VI et plusieurs nobles dont le comte Pierre et le comte Garcia souhaitent alors régler le problème d’héritage en utilisant les derniers désirs oraux de Gonzalo Ferrandiz qu’ils auraient entendus. Le document en fait mention aux lignes 8 et 9 : « alors qu’il était à l’article de la mort, il ordonna de donner tout son héritage à ce même monastère ». Ainsi la partie du document qui introduit les désirs de Gonzalo à la ligne 21, nous rappelle les normes de compositions évoquées en introduction. En début de cette partie nous retrouvons une invocation et une suscription « au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit. Moi, Gonzalo Ferrandiz ». Alphonse VI parle donc au nom de son défunt magnat, est alors suivi un exposé, qui explique les faits : « pour le Salut de mon âme, les saints patrons Facond et Primitif et pour le seigneur abbé Bernado, je fais une charte ». Ainsi les possessions données par Gonzalo à sa sœur « sans héritage », sont laissé intactes car tel était sa volonté, mais le reste de ses possessions qui ont été données de manière frauduleuse sont restituées à leur nouveau propriétaire, l’abbaye de Sahagun. Dans la corroboration une autre source de revenus est mentionnée c’est une forme de contravention : « si quelqu’un osait entraver ce vœu, qu’il soit contraint de payer au susdit monastère le double ou le triple de ce qui figure dans la charte » et de même pour le roi qui est lui aussi bénéficiaire d’une contrepartie financière en cas de non-respect du testament, car en cas d’infraction à cette charte il reçoit « mille livres d’or ». L’idée est simple, dans le cas où quiconque n’accepte pas les nouvelles règles d’héritage de ce testament, il est dans l’obligation de verser une compensation financière à l’abbaye et au roi. L’héritage de Gonzalo Ferrandiz satisfait donc les acteurs les plus puissant du testament, c’est-à-dire le roi, l’abbaye.

II – Une suprématie alphonsine que conteste la papauté

   La puissance dominatrice de la politique d’Alphonse provoque des querelles avec la papauté. Ainsi Grégoire VII qui est l’investigateur des réformes grégoriennes sous Léon IX, ses successeurs et sous son propre pontifical, souhaite agrandir considérablement les zones d’influences de la papauté. L’abbaye et Alphonse VI sont rapidement touchés par plusieurs invectives du pape avant 1080. L’abbaye fut contestée par le pape avant les années 1080. L’ingérence du Pape Grégoire VII – en lien directe avec la réforme grégorienne – dans les affaires de la péninsule Ibérique ne se limite pas seulement à des invectives. Le pape provoque ainsi les rois chrétiens de la péninsule Ibérique avec la mise en place du droit des nobles de France à participer à la conquête des terres sous contrôle musulman en Hispania en 1073. Cette énoncée est confirmé le 28 juin 1077 et ajoute également une notion importante, la remise en cause de la souveraineté castellano-léonaise. Ainsi Alphonse VI doit légitimer son pouvoir sur les territoires chrétiens de la péninsule Ibérique et accepter le rapprochement de la papauté sur ce même territoire.

Ainsi Alphonse VI qui vient de récupérer la Castille à la mort de son frère Sache II de Castille, cherche alors à se légitimer auprès de l’Église de Rome. Il apparaît alors la titulaire imperator totius Hispaniae, soit l’Empereur de toutes les Espagnes, dans les titres d’Alphonse VI ce que nous retrouvons en introduction du document : « empereur des espagnes » à la ligne 1. C’est la renaissance du royaume de son défunt père, grâce à ses multiples victoires et conquêtes sur ses frères, sœurs et rivaux musulmans. Le pape et Alphonse vont se rapprocher à la suite d’une réorganisation du personnel de l’abbaye.

Alphonse VI avait placé à la tête de l’abbaye, l’abbé Robert en 1079, qui ne respectait pas le rit romain que Grégoire VII essayait d’instaurer dans le monde chrétien. En effet, le roi avait confié à Robert de conformer l’abbaye aux usages clunisiens et à la liturgie hispanique. Dans un contexte de réforme clunisienne le pape ne pouvait accepter d’autres pratiques que celle qui sont bénédictines : suivant la règle de Saint Benoit. Cette réforme qui nait en Bourgogne au Xe siècle va prendre de l’ampleur notamment par l’appui de Papes.  Après une période de tension entre Grégoire et le roi du Léon et Castille, Alphonse VI replace l’abbaye de Sahagun sur le chemin de la foi romaine.  Il remplace l’abbé Robert par l’Abbé Bernard de Sédirac, comme nous pouvons le voir à la ligne 11 « l’abbé Bernardo alors père de ce monastère ». L’abbaye organise alors à partir de 1080 la réforme clunisienne dans les états d’Alphonse VI et selon Marcel Duhliat « d’une manière plus générale, elle appuya l’orientation « européenne » de la politique culturelle de ce souverain ». Enfin dans un diplôme royal en 1080, le roi confirme l’immunité de Sahagun, ce qui lui permet de jouir de certains privilèges, et rappelle l’introduction du rit romain et des coutumes clunisiennes dans le royaume.

 

   Le pape assoit donc ses désirs sur le territoire de la péninsule Ibérique pour autant Alphonse VI reste puissant sur son territoire. Le document emploie donc d’une certaine manière les uses et coutumes du rite romain, avec l’emploi du testament écrit et des normes de compositions spécifiques à sa rédaction, mais par la dernière partie, la corroboration, nous pouvons remarquer la puissance et le fonctionnement de la cour d’Alphonse. Ce dernier pouvait compter sur une cour, composée de clercs, magnats et domestiques pour un total de quarante individus, escorté par une centaine de soldats lors de leur déplacement.

Ainsi dans le document plus d’une vingtaine de personnes différentes attestent le document. Nous retrouvons bien évidemment Alphonse VI et Gonzalo Ferrandiz de manière posthume. L’objectif de cette confirmation est de rendre valable de document auprès de la famille de Gonzalo Ferrandiz, dont sa sœur, mais surtout son époux Martin Flainez. Il apparaît dans le document au moment de l’exposition du conflit d’héritage de la ligne 11 à la ligne 19. Martin Flainez appartient à une famille proche de l’aristocratie léonaise, son père s’est brouillé avec le roi en 1077 et s’est alors à Martin de restaurer le pouvoir de cette famille. Il jouit de bons nombres de propriétés grâce à son mariage avec Sancha et au non-respect du souhait du défunt. Cette position le rend très puissant « du Pisuerga jusqu’à Leon. ». Le roi décide de contrecarrer cet état de fait via un procès, comme il le déclare dans le texte à la ligne 16 : « nous avons initié un procès contre lui » l’objectif est de résoudre cette affaire par la voie de la justice. La validation de cette nouvelle distribution est réalisée via l’approbation de différents individus de la cour du roi, afin d’empêcher toutes contestations de Martin Flainez et de sa femme sur les nouveaux termes du partage de l’héritage du défunt Gonzalo Ferrandiz. La conclusion de l’acte étant plus au profit de l’Église que de sa sœur. Les contraventions financières citées plus en haut de notre commentaire sont également des moyens de limiter une rébellion de la famille de Gonzalo.

Nous pouvons remarque une hiérarchie dans la liste de confirmation et donc une hiérarchie dans le fonctionnement de la cour du roi. Chaque individu n’a pas la même importance et cela est indiqué de différentes manières. Dans un premier temps entre la ligne 36 à 40, nous retrouvons des individus qui semblent plus faible hiérarchiquement. Leur implication dans le document se limite à une simple confirmation, ils sont pour la plupart comte et clerc. Leur présence est marquée par une présentation de leur personne et de leur poste puis de la mention « je confirme ». Cette liste de onze clercs et comtes est suivie par une liste d’individu plus importante, comme Rodrigo Díaz, le Cid Campeador qui est le vassal d’Alphonse VI. Cette liste se trouvant de la ligne 41 à 43 comporte des témoins directs de la création et de la rédaction du document. Ils confirment le document en indiquant la mention « témoin, j’ai corroboré » et en signant. Les deux personnes importantes du texte sont bien évidemment Alphonse VI et Gonzalo Ferrandiz. Leur présentation est plus longue et ils ont leur signature et un monogramme pour le roi d’inscrit sur le document, validant ainsi les deux personnalités principales et sujet du document. Ils sont donc au nombre de 22 à soit corroborer, témoigner ou confirmer le présent document, marquant ainsi de leur présence l’importance et le poids officiel du document et du choix d’héritage réalisé par le roi des dernières volontés de Gonzalo.

Conclusion

Pour conclure et répondre à notre problématique qui est comment par le biais de cette confirmation testamentaire, Alphonse VI parvient à clarifier d’un côté des problèmes d’héritages tout en glorifiant de l’autre son pouvoir royal et l’abbaye de Sahagun ? Nous pouvons dire que grâce à son autorité royale, Alphonse VI permet à l’abbaye de récupérer des biens qui glorifient le lieu, de plus par sa prise de décision importante de s’y faire inhumer, il se rapproche du pape renforçant son pouvoir ainsi que l’importance de l’abbaye des Saints Facond et Primitif. En effet, l’abbaye de Sahagun est un haut lieu de la royauté des souverains de Leon et de Castille depuis Alphonse III qui en est le fondateur, mais devient considérablement plus puissante culturellement et politiquement sous le règne d’Alphonse VI. En plaçant cette abbaye comme rassemblement pour la cour et pour la période hivernale Alphonse VI rend riche, prospère et puissant la région dans le monde Ibérique. De plus ce testament permet de renforcer l’image de l’abbaye, par le biais des nombreuses donations. Grands nombres de nobles participèrent à cette tradition qu’est de suivre les donations du roi et par un mouvement d’entrainement et selon José Luis Senra « le dernier tiers du XIe siècle a été caractérisé par la capitalisation d’une deuxième période de splendeur » pour l’abbaye de Sahagun.

Bibliographie

Ouvrages généraux :

  • Pérez Joseph, Histoire de l’Espagne, Fayard, 1996
  • Rucquoi, Adeline, Histoire médiévale de la Péninsule ibérique, Paris, Points Seuil, 2016

Ouvrages spécialisés :

  • Deswarte Thomas, Une chrétienté romaine sans pape, l’Espagne et Rome (586-1085), CLASSIQUES GARNIER, Paris, 2010
  • Guyojeannin Olivier, Pycke Jacques, Tock Benoît-Michel, Diplomatique médiévale, BREPOLS, 2006
  • Sirantoine, Hélène, Imperator Hispaniae les idéologies impériales dans le royaume de León (IXe-XIIe siècles), Madrid, 2012

Sitographie

Travail réalisé au sein de l’encadrement universitaire à la Faculté de Lettres, Langues et Sciences Humaines à Angers, au sein d’une classe de licence 2 Histoire. Le travail est ainsi partagé tel quel, sans correction (travail oral exclusivement). Le travail a été sanctionné d’un 16 sur 20. Le travail ne peut pas être utilisé pour votre propre chef, il appartient à Augustin Remond et Paulin Robert.

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