La bataille de Leuctres, en 371 avant Jésus-Christ

La bataille de Leuctres, en 371 avant Jésus-Christ. Thèbes contre Sparte, une bataille importante pour le monde grec classique.

Il suit l’introduction à un commentaire de texte sur la bataille de Leuctres, réalisé pour un travail universitaire de deuxième année en histoire. Il est ajouté en annexe la bibliographie utilisée pour réaliser le commentaire.

La bataille de Leuctres, 371 avant Jésus Christ
La bataille de Leuctres, en 371 avant Jésus-Christ

Introduction

Selon les dires de Jean-Marie Giraud « Les deux parties des Helléniques de Xénophon ont pour objectif premier d’expliquer les défaites respectives d’Athènes et de Sparte, les deux puissances hégémoniques de la Grèce à la fin du cinquième siècle avant Jésus-Christ. La puissance lacédémonienne est brisée à Leuctres par l’armée béotienne d’Epaminondas ». Repartons alors de la chute d’Athènes. La victoire finale de la guerre du Péloponnèse en 404, offre l’opportunité à Sparte de reprendre le flambeau de l’hégémonie athénienne du Ve siècle. La cité commence alors à favoriser partout l’oligarchie notamment avec son système d’harmostes, qui sont des gouverneurs militaires. Elle cherche à s’imposer dans le monde grec par une certaine violence pour pallier son problème d’oliganthropie : le manque d’homme. Durant les premières années du IVe siècle, Sparte multiplie les opérations extérieures. Après l’affaire des Dix-Mille, les Spartiates retournent en Asie Mineure en 395 sous le commandement d’Agésilas. Face à cette politique violente, les premières résistances se font sentir et culminent lors de la guerre de Corinthe de 395 à 386. Il s’y affronte de nouveau Athènes et Sparte. Cette guerre n’évolue pas alternant les victoires spartiates, comme près de Némée, et athéniennes comme à Cnide. Un troisième acteur intervient alors : la Perse. Celle-ci soutien au début Athènes, lui permettant de se relever à la suite du désastre de la guerre du Péloponnèse. Cependant au moment où les deux cités grecques semblent être sur un pied d’égalité, la Perse prône la paix. La Paix du Roi ou d’Antalkidas est alors conclue à Sardes en 386. Cette paix garantie l’autonomie de plusieurs cités ce qui va à l’encontre de certaines ligues, comme la Confédération béotienne placée sous la direction de Thèbes. Sparte, nommée patron de la paix, dissous le koinon béotien. Cette dernière va prendre plusieurs cités dès 385, dont notamment la citadelle de Thèbes, la Cadmée, en 382. Cette situation ne dure pas et les Thébains retrouvent leur citadelle en 379/8. La cité béotienne rétablit la démocratie et par sa richesse agricole et démographique elle remet sur pied la Confédération béotienne. Cette union est un moyen fort d’expansion pour les Thébains qui ne tardent pas de l’utiliser, par exemple contre Tégyres en 375, au nord de la Béotie, ou à Platée et à Thespies en 373. Cette situation pousse les Athéniens et Spartiates à se rapprocher. Un congrès à Sparte est tenu en 371 pour renouveler la Paix du Roi. Les deux grandes citées traditionnelles grecques font face à Thèbes refusant à ses ambassadeurs de prêter serment au nom de la Béotie. Le déroulement des événements qui suit sont transmis par plusieurs auteurs grecs comme Plutarque (Vie de Pélopidas) ou ici Xénophon. Né en 430 près d’Athènes et mort en 355, Xénophon est surtout connu pour avoir rédigé Les Helléniques, qui s’apparente à une suite de l’œuvre de Thucydide l’Histoire de la guerre du Péloponnèse. C’est un philosophe grec qui fut l’élève de Socrate. Xénophon n’est pas seulement un homme de lettres. Il est aussi soldat dans les armées d’Athènes puis de Sparte. Lors de son rapprochement avec la Cité spartiate, il est banni d’Athènes et dépossédé de ses biens. Il rédige une quinzaine d’ouvrages avec quatre thèmes prédominants : la philosophie politique, l’art du commandement, l’art de la gestion des choses et des hommes et les chevaux. L’œuvre de Xénophon et sa traduction peuvent se retrouver aujourd’hui chez l’éditeur Les Belles Lettres. Sur la page de gauche est placé le texte en français, sur celle de droite le texte en grec. Le texte à étudier est un extrait de l’ouvrage Helléniques de Xénophon. L’œuvre se décompose en plusieurs livres, qui ont été écrit tout au long de la vie du philosophe, plus précisément de 403/2 à 357/6.  L’œuvre complète est composée de sept livres. Ici, l’extrait reprend des passages du livre VI, abordant le thème du triomphe de l’hégémonie de Thèbes avec la bataille de Leuctres. Le document retrace alors chronologiquement les faits postérieurs, contemporains et futurs de la bataille de Leuctres pour nous la présenter comme l’événement déclencheur de la grandeur thébaine. Ainsi le texte commence par présenter la période de discussion pour voter la guerre, puis les premiers face à face entre les armées jusqu’à la bataille en elle-même, pour se clôturer finalement sur le sentiment et les directives des éphores après l’annonce de la défaite cuisante des Spartiates. Les deux premiers livres des Helléniques suivent le récit de l’œuvre de Thucydide l’Histoire de la guerre du Péloponnèse, tandis que le troisième jusqu’au septième se composent de thèmes variés allants de l’hostilité entre les Spartiates et les Perses, à la fin de l’hégémonie de Thèbes avec la bataille de Mantinée. L’œuvre de Xénophon est à nuancer, car contrairement à Thucydide l’approche historique est moindre, notamment par les multiples interventions divines. Les causes des histoires qu’il nous partage ne sont pas étudiées. Il fait un simple récit parfois émouvant, ou comique de situations réelles, mais sans une étude et une analyse critique de ceux-ci. Il peut être défini comme le fait Jean Hatzfeld dans sa notice Hellénique de « chroniqueur historien » et son œuvre par suite logique de chroniques historiques. Par ses éléments nous pouvons alors nous poser la question suivante :  Comment Xénophon nous présente-t-il la bataille de Leuctres comme la fin de la puissance spartiate en Grèce antique ? Pour y répondre nous montrerons dans un premier temps, que Leuctres est une bataille inévitable au désavantage de Sparte. Puis nous mettrons en avant que le destin de Sparte soit la défaite. Enfin nous analyserons les conséquences douloureuses de la bataille. 

La bataille de Leuctres, 371 avant Jésus Christ
La bataille de Leuctres, 371 avant Jésus Christ

Bibliographie

Xénophon, et Jean Hatzfeld, Helléniques, Livres IV-VII, Paris, Les Belles Lettres, 1965

Claude Vidal, Lexique de la Grèce Ancienne, Paris, Armand Colin, 2008

Paulin Ismard, Chronologie de la Grèce ancienne, Paris, Points, 2010

François Lefevre, Histoire du monde grec antique, Paris, Le Livre de Poche, 2007

Basil Liddell Hart, Stratégie, Paris, Perrin, 1998

Giraud Jean-Marie, « Xénophon et l’explication de la défaite spartiate », In : Dialogues d’histoire ancienne, vol. 26, n°1, 2000. pp. 85-107

Salmon Pierre, « L’armée fédérale des Béotiens », In : L’antiquité classique, vol. 22, no 2, 1953, p. 347‑60.

Cloché Paul, « Les « Helléniques » de Xénophon (livres III-VII) et Lacédémone », In : Revue des Études Anciennes, vol. 46, no 1, 1944, p. 12‑46. 

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