Le nord de la péninsule Ibérique, un lieu de commerce.

La péninsule Ibérique aux XIe-XIIe siècle
La péninsule Ibérique aux XIe-XIIe siècle

Introduction

Les deux documents n’appartenant pas à la même période, nous allons présenter rapidement l’évolution des échanges commerciaux réalisés par les royaumes chrétiens en péninsule Ibérique du Xe au XIIe siècle. L’insécurité qui régnait le long des frontières avec l’Islam et la faible densité de population des royaumes chrétiens hispaniques ont contribué notamment avec l’élevage extensif, à développer le commerce dans le nord de la péninsule Ibérique. Tout d’abord le commerce intérieur avait pour objectif l’approvisionnement en matières premières et en produits finis. Ce commerce se constituait autour d’un réseau de chemins, de cols, de marchés et à partir du XIIe siècle de foires. L’extension du commerce permit en partie de structurer les espaces des différents royaumes. Dès le Xe siècle une voie marchande se distingue entre la Catalogne et le Roussillon par le col du Perthus. Nous pouvons également soulever l’importance du chemin de Compostelle où les hommes et les marchandises commencent à circuler. Cette ouverture du « chemin français » fut l’une des composantes permettant de nombreux contacts avec les royaumes chrétiens d’Europe. Le commerce hispanique est aussi présent entre les chrétiens au nord et les musulmans au sud. En effet, de nombreux échanges se réalisaient sur la Guinea, qui est l’ancienne route romaine de l’argent, allant de Séville à Gijón. Lors de la première phase de la Reconquista, les échanges entre le nord de la péninsule Ibérique et les territoires reconquis sont attestés, ce qui permet l’apparition de privilèges au siècle suivant. Dès le XIe siècle, les marchés quotidiens ou hebdomadaires se développent permettant l’échange de produits souvent sous forme de troc. Le renouveau du commerce se fit sûrement ressentir au XIIe siècle, quand les premières foires furent créées, comme en 1116 à Belorado, non loin de Burgos. Ce commerce intérieur avait pour sujet principal les produits agricoles qui se faisait indispensables à une société nord hispanique qui s’était rapidement urbanisée. De plus, on trouve une circulation des matières premières comme la laine ou le lin. Cependant, le commerce intérieur fut aussi accompagné d’un commerce extérieur notamment favorisé par l’emplacement de la péninsule, entre la mer Méditerranée et l’océan Atlantique. Dès le XIIe siècle, Barcelone se place comme l’un des grands ports de commerce maritime méditerranéen occidental. Ce commerce extérieur accompagne l’ouverture de la péninsule Ibérique au monde d’outre-Pyrénées qui débuta dès l’époque de Sanche III le Grand au début du XIe siècle et qui s’accentua par la suite sous le règne de Ferdinand I et en particulier sous celui d’Alphonse VI, fin XIe siècle début XIIe siècle.  Le commerce, qu’il fut d’abord intérieur puis extérieur par voies terrestres ou maritimes était bien présent à l’époque de la domination musulmane et à l’époque de la Reconquista. Ainsi ces deux notices s’intègrent dans les deux phases de l’histoire des royaumes chrétiens hispaniques que nous connaissons. Une notice est un document qui est la transcription simplifier d’un acte, contenant l’essentiel de son exposé et de son dispositif. Rappelons ici, que l’exposé est la partie où l’auteur du document diplomatique présente des motifs concrets qui ont poussé à la réalisation de l’acte. Dans la notice du X siècle, l’exposé, peut-être associé au mariage de dame Urraka, ligne 2. Cependant un certain nombre de chartes n’utilisent pas l’exposé et nous supposons que l’autre notice dont nous avons à traiter n’a qu’un dispositif. Ce dernier est le cœur de l’acte où est inscrite la décision prise par l’auteur. Dans le document datant du X siècle, c’est une donation, ligne 1 « Notice des biens de Muno Fernandez et de dame Jimena, qui donne à sa fille, dame Urraka ». Dans celui du XIIe siècle, le dispositif est aussi une donation, sous forme d’avoir. Les notices sont des copies d’actes effectuées dans un but juridique ou économique. Les deux textes se retrouvent dans une même œuvre : la Coleccion documental del Monasterio de Santa Maria de Otero de las Duenas. Cette collection fut publiée en 1999 et est composée de deux tomes. Le premier regroupe des documents datés de 854 à 1108. Le second des documents datant de 1109 à 1300. Ils s’intègrent tous deux dans une collection plus importante dirigée par Fernandez Caton, nommée : Fuentes y Estudios de Historia Leonesa dont ils sont les numéros 73 et 74. Le document du XIIe siècle présente donc un acte à but économique. Elvira Ibanez laisse à ses fils une notice d’avoir. Il énumère tous les biens qu’il leur donne, que ce soit des biens animaliers, textiles, métalliques, des hommes ou bien ressources agricoles. Il y ajoute dans la deuxième moitié du texte, un lieu où une personne est à rencontrer afin de lui donner des biens qui sont essentiellement agricoles : animaux, céréales… La deuxième notice datant du Xe siècle présente Dame Jimena qui donne à sa fille Urraka des biens en raison du mariage de cette dernière. On trouve là également des biens de natures diverses comme des animaux, des draps ou des objets du quotidien réalisé de l’artisanat. À partir de ces sources nous pouvons alors nous poser la question suivante. Comment ces notices nous présentent le commerce dans le nord de la péninsule Ibérique, de la diversité des produits à leur provenance ? Afin de répondre à cette interrogation nous analyserons dans un premier temps la diversité du commerce nord hispanique. Puis dans une seconde partie nous évoquerons les moyens de paiement et les différentes voies commerciales.

Bibliographie

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