Les conditions de travail au Canada de 1886 à 1889

Les enfants travailleurs au Canada au XIXe siècle
Les enfants travailleurs au Canada au XIXe siècle

Introduction

Les territoires nord-américains connaissent une forte industrialisation au cours du XIXe siècle, qui se maintient dans le siècle suivant. Le Canada peut se voir parer de deux « révolutions industrielles », une première douce entre les années 1780 à 1860 et d’une seconde entre les années 1860 et 1950. Le Canada a été longtemps dominé par le principe du mercantilisme avec sa métropole britannique. Le pays se limitait à l’exploitation de matières premières, il n’y avait pas de transformation en produits manufacturés. La société est très rurale et paysanne. Le développement industriel était limité aux transports (canaux et chemins de fer). Au cours des années 1840, le mercantilisme est abandonné par la métropole et dès lors le Canada peut plus librement réaliser son industrialisation. Lors de la seconde révolution industrielle, l’automatisation des chaînes de production est la véritable marque de la transformation du travail au Canada. C’est après l’indépendance le 1er juillet 1867 et la mise en place de la Confédération canadienne que la situation évolue considérablement. La Confédération doit éponger des dettes colossales et lutter contre le marché mondial (dont elle était protégée auparavant avec comme premier client sa métropole). Dès lors avec la Politique nationale de 1879, des taxes à hauteur de 20% protège l’industrie canadienne des produits étrangers. Cette technique isolationniste est une réponse à la même pratique du concurrent limitrophe les États-Unis, mais permet également de créer les premières graines de l’industrie de la Confédération. Il y a le passage à un mode de vie à « l’Ancien Régime », à un mode de vie capitaliste. Ce changement, d’une vie agricole à une vie industrielle crée également de grandes inégalités. Une petite élite prend le pouvoir économique et une grande quantité d’individus vivent dès à présent dans des conditions de vie déplorables, avec le travail des enfants, les journées à rallonge, les salaires limités etc. Le premier document est une compilation d’extraits en provenance d’un rapport d’enquête réalisée par la commission royale, nommé : Enquête sur les rapports qui existent entre le Capital et le Travail au Canada. Les contributeurs à ce rapport sont cités dans le document : M. Helbronner, M. Heakes, M. Freed, M. Kerwin etc. Cette commission est mandatée par le gouvernement fédéral de John Alexander Macdonald un libéral-conservateur, entre 1886 et 1889. Cette commission travaille sur les conditions de travail des hommes dans les industries canadiennes. Le destinataire principal de cette commission est le gouvernement qui doit statuer en fonction du rapport. Le second document est un exemplaire de moule à cigare, qui remplace graduellement mais difficilement le travail manuel de la conception d’un cigare. C’est une preuve tangible de l’industrialisation inexorable des métiers de la société canadienne (Elle fait sens avec l’interview du jeune enfant Théophile Charron). Le premier document relate les interviews réalisées par la commission royale, ainsi nous obtenons le témoignage d’un enfant cigarier, d’un machiniste adulte etc. Les questions posées portent sur les conditions des travailleurs dans différents secteurs d’activité. Le second document est une machine à mouler les cigares, ce qui fait lien avec l’enfant cigarier, ou du moins aux évolutions potentielles postérieures de cette branche industrielle étant donné que le premier document date de 1886 – 1889, alors que le second de 1900 – 1920. Le document soulève la question du patronat, de l’industrialisation, des conditions de vie des ouvriers, de la nouvelle classe ouvrière, du syndicalisme (?), du capitalisme qui sont des composants de cette période. Le deuxième document révèle l’industrialisation du pays, avec l’exemple du travail manuel réalisé avant l’utilisation des moules à cigare… Ainsi comment les documents reflètent-ils l’idée de “révolution industrielle canadienne” dans les témoignages et les représentations qu’ils nous donnent sur cette période ?

Bibliographie

Bradbury Bettina, Familles ouvrières à Montréal : âge, genre et survie quotidienne pendant la phase d’industrialisation, Montréal, Boréal, 1995.

Harvey Fernand, « Une enquête ouvrière au XIXe siècle : la Commission du travail, 1886-1889 », in Revue d’histoire de l’Amérique française, 30, 1, 1976, pp. 35-53.

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