Microsoft termine son exercice 2026 avec une dynamique commerciale portée par le cloud et l’intelligence artificielle, deux moteurs désormais centraux dans la trajectoire du groupe de Redmond. Les chiffres publiés au fil des trimestres confirment la puissance d’Azure, la montée des abonnements professionnels et la valeur des contrats de long terme. Mais la lecture des comptes devient plus complexe, entre investissements massifs dans l’IA, effets comptables liés à OpenAI et Anthropic, et ralentissements ponctuels dans certaines activités grand public.
Microsoft Cloud atteint 54,5 milliards de dollars au T3
Au troisième trimestre fiscal clos le 31 mars, Microsoft Cloud a généré 54,5 milliards de dollars de revenus, soit une hausse de 29 % sur un an. À taux de change constant, la progression ressort à 25 %. Ce niveau confirme le poids pris par les offres cloud dans l’ensemble du groupe, à la fois dans les infrastructures, les logiciels professionnels et les services associés à la donnée.
Le signal le plus commenté concerne le carnet de commandes commerciales restantes, indicateur suivi de près par Wall Street. Il atteint 627 milliards de dollars, en hausse de 99 % sur un an. Ce montant agrège des revenus non encore comptabilisés et des engagements futurs déjà signés. Pour les investisseurs, il donne une visibilité rare sur les exercices à venir, même si une partie de ces contrats dépendra du rythme de déploiement des capacités cloud et IA.
La performance du trimestre ne repose pas uniquement sur les infrastructures. Les offres professionnelles de Microsoft 365, Dynamics et LinkedIn participent aussi à l’expansion du cloud. Le groupe convertit progressivement ses clients vers des modèles par abonnement, plus prévisibles que les ventes de licences traditionnelles. Cette bascule soutient la récurrence des revenus et donne à Microsoft une position solide auprès des grandes entreprises.
Le quatrième trimestre, clos le 30 juin, confirme la tendance avec une croissance de 27 % de Microsoft Cloud. Le carnet de commandes commerciales restantes progresse encore de 84 %. La cadence est moins spectaculaire que celle du trimestre précédent, mais elle demeure élevée pour une entreprise de cette taille. Cette différence entre croissance très forte et attentes encore plus élevées explique une partie de la prudence exprimée par certains analystes financiers.

Azure progresse de 40 % malgré des marges surveillées
Le moteur le plus visible reste Azure, dont les revenus, avec les autres services cloud, ont progressé de 40 % au troisième trimestre. Cette performance dépasse légèrement les attentes du marché, qui tablaient autour de 39 %. Elle place Microsoft dans une position de premier plan face à Amazon Web Services et Google Cloud, dans une compétition marquée par la demande en calcul intensif.
La branche Intelligent Cloud, qui regroupe Azure, les produits serveur, GitHub, Nuance et certains services de données, affiche 34,681 milliards de dollars au troisième trimestre, en hausse de 30 %. Au deuxième trimestre fiscal, cette même division avait déjà atteint 32,9 milliards de dollars, en progression de 26 %. La trajectoire montre une accélération liée aux usages d’intelligence artificielle, notamment pour l’entraînement de modèles, l’inférence et l’intégration d’assistants dans les logiciels métiers.
Cette croissance a un prix. Les analystes ont relevé une pression sur la rentabilité du cloud, avec une marge brute indiquée à 67 % sur une période précédente, en recul d’un point. Microsoft attribue cette tension à ses investissements dans l’IA. Les centres de données, les serveurs spécialisés, les processeurs graphiques et les capacités énergétiques exigent des dépenses lourdes avant que les revenus associés ne soient pleinement visibles dans les comptes.
La question n’est donc pas seulement de savoir si la demande existe. Elle existe déjà, portée par les entreprises qui testent ou déploient des agents IA, des outils d’automatisation et des copilotes intégrés aux environnements de travail. Le point sensible concerne le calendrier de retour sur investissement. Microsoft doit construire assez vite pour répondre aux clients, sans réduire trop fortement ses marges. Cet équilibre devient l’un des principaux critères d’évaluation du titre en Bourse.

OpenAI et Anthropic compliquent la lecture des comptes
Les résultats 2026 de Microsoft sont aussi marqués par ses liens financiers et industriels avec OpenAI. Au troisième trimestre, les pertes nettes liées à cet investissement ont réduit le bénéfice net de 14 millions de dollars, un effet jugé limité sur le bénéfice par action. Au quatrième trimestre, la situation s’inverse avec un gain net de 480 millions de dollars, soit 0,07 dollar par action diluée.
Sur l’ensemble de l’exercice fiscal 2026, Microsoft indique que les gains nets liés à OpenAI ont augmenté le bénéfice net de 4,963 milliards de dollars et le bénéfice par action diluée de 0,67 dollar. Ces montants poussent le groupe à fournir des indicateurs non GAAP pour aider les investisseurs à distinguer la performance opérationnelle du traitement comptable de ses participations. Cette séparation devient nécessaire, car l’IA influence à la fois les ventes, les dépenses et les résultats financiers publiés.
Un autre élément a retenu l’attention au quatrième trimestre, le gain de 3,2 milliards de dollars provenant de l’investissement dans Anthropic. Microsoft précise aussi que des charges de départs volontaires, des frais de licenciement et des dépréciations dans l’activité Xbox ont pesé sur la comparaison avec ses prévisions internes. Le résultat publié bénéficie donc de plusieurs éléments ponctuels, favorables ou défavorables.
Pour les analystes, le risque principal tient à la concentration de certains revenus futurs autour de grands contrats d’IA. Les accords avec OpenAI et Anthropic donnent à Microsoft une avance technologique et commerciale, mais ils renforcent la dépendance à quelques partenaires stratégiques. Si la consommation de ressources cloud progresse moins vite que prévu, ou si les modèles économiques de l’IA générative se normalisent à des niveaux plus bas, le marché réévaluera la prime accordée à cette activité.
Microsoft 365, LinkedIn et Dynamics diversifient les revenus
La division Productivity and Business Processes reste un second pilier important. Au troisième trimestre, elle atteint 35,013 milliards de dollars de revenus, en hausse de 17 %. Elle rassemble Office, les services Microsoft 365, LinkedIn et Dynamics. Cette base installée donne au groupe une profondeur commerciale que peu d’acteurs technologiques peuvent revendiquer, avec des millions d’utilisateurs professionnels déjà intégrés à son écosystème.
Microsoft 365 Commercial progresse de 19 % dans le cloud au troisième trimestre, tandis que Microsoft 365 Consumer cloud gagne 33 %. La croissance grand public est forte, mais elle part d’une base différente et dépend davantage des renouvellements familiaux et individuels. Côté entreprises, l’enjeu porte sur l’augmentation du revenu moyen par utilisateur, notamment avec les modules de sécurité, de conformité et les fonctions d’IA intégrées aux suites bureautiques.
LinkedIn affiche une hausse de 12 % au troisième trimestre, puis encore 12 % au quatrième trimestre en données publiées. Le réseau professionnel bénéficie de la publicité ciblée, des abonnements premium et des outils de recrutement. Sa progression reste plus modérée que celle d’Azure, mais elle fournit à Microsoft une source de revenus moins dépendante des infrastructures cloud lourdes. Dynamics 365 progresse de 22 % au troisième trimestre, signe d’une demande continue pour les logiciels de gestion client et d’organisation commerciale.
Le contraste vient de More Personal Computing, en recul de 1 % au troisième trimestre, à 13,192 milliards de dollars. Cette division inclut Windows, les appareils, le jeu vidéo et la recherche. Les dépréciations liées à Xbox au quatrième trimestre rappellent que toutes les activités ne profitent pas au même rythme de la vague IA. Le marché suivra désormais la capacité de Microsoft à transformer ses investissements techniques en revenus récurrents, sans laisser les dépenses d’infrastructure absorber une part trop importante de la rentabilité.
À retenir
- Microsoft Cloud atteint 54,5 milliards de dollars au troisième trimestre fiscal 2026.
- Azure progresse de 40 %, porté par la demande en intelligence artificielle.
- OpenAI et Anthropic modifient la lecture comptable des résultats.
- Microsoft 365, LinkedIn et Dynamics diversifient les revenus du groupe.
Sources
- Les résultats de Microsoft tirés par le cloud et l'IA au T2 2026 – Le Monde Informatique
- FY26 Q3 – Press Releases – Investor Relations
- Microsoft Q3 2026 earnings beat on cloud and AI growth
- Microsoft Cloud and AI strength fuels fourth quarter results
- Microsoft Cloud and AI strength fuels third quarter results – Source





