+12%, 3 grandes banques, 2 secteurs pétro-gaz visés, ce financement fossile inattendu inquiète les experts

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Voone actuFinance+12%, 3 grandes banques, 2 secteurs pétro-gaz visés, ce financement fossile inattendu...
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En 2024, les grands groupes bancaires ont augmenté de 23 % leurs financements aux énergies fossiles, selon un consortium d’ONG. Plus de 850 milliards de dollars ont été accordés au secteur, un niveau supérieur au double des financements aux énergies soutenables d’après une synthèse publiée en septembre 2025. BNP Paribas apparaît comme la première banque française dans le classement mondial, avec 17 milliards d’euros en 2024.

Le débat sur le rôle des banques dans la transition énergétique revient avec une force particulière quand les flux financiers repartent à la hausse. D’un côté, les établissements multiplient les engagements climat et les annonces de trajectoires. De l’autre, les chiffres compilés par plusieurs ONG décrivent un secteur qui continue d’alimenter l’économie du pétrole, du gaz et du charbon, y compris via des financements liés à l’expansion de capacités fossiles. L’écart entre discours et allocations de capitaux, lui, devient un sujet politique, économique et réputationnel.

23 % de hausse en 2024, plus de 850 milliards de dollars selon un consortium d’ONG

Le point de départ est une donnée agrégée: les financements aux énergies fossiles ont progressé de 23 % en 2024, pour atteindre plus de 850 milliards de dollars, selon un consortium d’ONG cité par 20 Minutes. L’augmentation est présentée comme une rupture par rapport à l’idée d’une décrue progressive, souvent mise en avant dans les communications bancaires.

À titre de comparaison, une autre synthèse publiée à Paris le 23 septembre 2025 affirme que les grandes banques ont accordé plus du double de financements aux énergies fossiles qu’aux énergies soutenables. Autrement dit, même quand les banques mettent en avant l’essor des financements verts, l’équation globale reste dominée par le fossile, au moins dans les agrégats mis en avant par ces organisations.

Le détail compte aussi: au-delà du volume total, plusieurs travaux distinguent les financements généraux (crédit, émissions obligataires, services de marché) de ceux qui contribuent directement à l’expansion de nouveaux projets fossiles. Sur ce point, une source citée indique qu’en 2024, les banques ont accordé 429 milliards de dollars à l’expansion des énergies fossiles, avec 31 % provenant des banques américaines. Cette ventilation nourrit une lecture géopolitique: les dynamiques de financement reflètent aussi des arbitrages nationaux, des politiques industrielles et des contraintes de marché différentes.

BNP Paribas première banque française du classement, 17 milliards d’euros en 2024

Dans le tableau mondial des financeurs des énergies fossiles cité par 20 Minutes, BNP Paribas est présentée comme la première banque française, figurant dans le top 30 mondial, avec 17 milliards d’euros de financements en 2024. L’information est sensible, car elle place un acteur français au cÅ“ur d’un débat où la France revendique souvent une posture de leadership climatique.

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Pour mesurer l’écart, il faut rappeler que ces classements agrègent des instruments financiers variés. Ils incluent, selon les méthodologies habituellement utilisées par les ONG, des prêts et des opérations de marchés (émissions d’actions ou d’obligations). Dans ce cadre, la place d’une banque dépend à la fois de sa taille, de son exposition historique aux secteurs énergétiques, et de sa capacité à capter des mandats sur les marchés internationaux.

Reste que la lecture publique ne retient pas la nuance méthodologique: elle retient l’ordre de grandeur et le rang. Dans un environnement où les banques communiquent sur des plans de transition, être identifié comme un financeur majeur du fossile devient un risque de réputation, mais aussi un risque de contentieux et de pression actionnariale, car la finance est régulièrement accusée d’entretenir une dépendance structurelle aux hydrocarbures.

Depuis l’accord de Paris de 2015, près de 8 000 milliards de dollars vers pétrole, gaz et charbon

Le débat s’inscrit dans une série longue. Selon la dernière édition du rapport Banking on Climate Chaos citée par 20 Minutes, depuis la signature de l’accord de Paris sur le climat en 2015, près de 8 000 milliards de dollars de prêts, d’émissions d’actions ou d’obligations sont allés aux entreprises du pétrole, du gaz et du charbon. Cet empilement d’années permet de comprendre pourquoi les ONG parlent d’un système financier qui, malgré des inflexions, n’a pas basculé.

Depuis l'accord de Paris de 2015, près de 8 000 milliards de dollars vers pétrole, gaz et charbon

L’accord de Paris vise à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle (1850-1900), rappelle 20 Minutes. La référence à cet objectif sert d’étalon: les ONG comparent les engagements des banques à la trajectoire jugée compatible avec ce cap. Or, quand les flux financiers augmentent, la question devient moins qui finance un peu de fossile? que qui finance encore l’extension de capacités fossiles?.

Autrement dit, la controverse ne porte pas uniquement sur l’héritage, la gestion d’actifs existants ou le financement d’entreprises énergétiques déjà installées. Elle se cristallise sur l’idée d’expansion, c’est-à-dire l’ajout de nouveaux projets, au moment même où les scénarios climatiques appellent une baisse de la dépendance aux combustibles fossiles.

Reclaim Finance et Oxfam: les banques françaises ciblées sur les nouveaux projets fossiles

La focale se resserre sur la France avec des chiffres attribués à Reclaim Finance. Selon une source citée, les banques françaises ont financé 20 milliards de nouveaux projets fossiles en 2024. Ce type d’indicateur vise une catégorie précise d’opérations, celles qui accompagnent la mise en chantier de nouvelles infrastructures ou l’augmentation de capacités.

Dans une autre synthèse publiée par Oxfam France, l’ONG insiste sur l’ampleur des émissions associées aux activités financées: les quatre plus grandes banques françaises, BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et BPCE, auraient chacune des émissions de gaz à effet de serre supérieures à celles de la France entière, selon Oxfam. Le message est clair: l’enjeu principal ne se limite pas aux émissions directes des banques, mais aux émissions financées, c’est-à-dire celles des entreprises et projets qu’elles soutiennent.

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Oxfam rapporte également qu’une étude de Reclaim Finance indique qu’entre 2021 et 2024, les banques françaises accordaient 73 centimes à la transition énergétique pour 1 euro consacré au fossile. Pour les ONG, ce ratio illustre une forme de dépendance économique: la transition progresse, mais elle ne dépasse pas encore le fossile dans l’allocation des financements.

Ce débat dépasse le seul secteur de l’énergie. Oxfam souligne que les secteurs du transport, de la construction, de l’agriculture et de l’industrie sont aussi des leviers d’action importants pour réduire l’impact climatique des prêts bancaires. De là, la question devient stratégique: comment une banque arbitre-t-elle entre des clients exposés à la transition, des impératifs de rentabilité, des exigences de gestion des risques et des engagements climatiques publiés?

Pourquoi les flux repartent: rentabilité, sécurité énergétique, et bataille des méthodologies

La hausse observée en 2024, selon les ONG, pose une question de fond: qu’est-ce qui fait remonter les flux vers le fossile alors que la transition est affichée comme prioritaire? Une partie de la réponse tient à la structure de la demande mondiale d’énergie, à la place des hydrocarbures dans l’économie réelle et aux stratégies industrielles des États. Les banques, elles, se situent à l’interface: elles financent des entreprises qui répondent à une demande, et elles accompagnent des opérations de marché qui dépendent de la profondeur des investisseurs.

Mais l’autre partie de la réponse est méthodologique, et elle pèse lourd dans la bataille d’opinion. Les ONG agrègent des instruments différents, et elles mettent l’accent sur des catégories comme l’expansion fossile. Les banques, de leur côté, mettent souvent en avant des politiques sectorielles, des restrictions sur le charbon, ou des trajectoires de réduction. Entre les deux, le débat se déplace vers la définition de ce qui compte: financer une major pétrolière diversifiée est-il équivalent à financer un projet d’exploration? Une émission obligataire refinance-t-elle de l’existant ou permet-elle de nouveaux investissements?

Ce conflit de lecture n’est pas un détail technique. Il structure les campagnes de pression, les résolutions d’actionnaires et, parfois, l’évolution des politiques internes des banques. Or, les chiffres cités plus haut, 850 milliards de dollars pour le fossile en 2024 selon un consortium d’ONG, 429 milliards pour l’expansion, 20 milliards de nouveaux projets fossiles attribués aux banques françaises, donnent aux ONG un matériau simple à mobiliser dans l’espace public.

À titre de comparaison, dans d’autres secteurs, la transparence extra-financière a souvent progressé sous l’effet combiné de la régulation, de la société civile et des investisseurs institutionnels. La finance climatique suit une trajectoire similaire: plus les indicateurs deviennent comparables, plus les acteurs sont exposés à des classements, et plus la question de l’alignement entre engagements et flux devient centrale.

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FAQ

Les banques financent-elles seulement le pétrole et le gaz via des prêts?
Non. Selon 20 Minutes, les montants agrègent des prêts et des opérations liées aux marchés, comme des émissions d’actions ou d’obligations, telles que reprises dans le rapport Banking on Climate Chaos.

Que signifie expansion des énergies fossiles dans les chiffres cités?
Une source citée distingue un total lié à l’ expansion, indiqué à 429 milliards de dollars en 2024, c’est-à-dire des financements associés à l’augmentation de capacités fossiles.

Quelle banque française est la plus haut placée dans le classement mondial évoqué?
Selon 20 Minutes, BNP Paribas est la première banque française du tableau mondial, avec 17 milliards d’euros en 2024.

Quel est le lien avec l’accord de Paris de 2015?
Selon 20 Minutes, l’accord de Paris vise à limiter le réchauffement à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle (1850-1900). Les ONG comparent les flux financiers au fossile à cette trajectoire climatique.

Les banques françaises financent-elles des nouveaux projets fossiles?
Selon une source citée attribuant ces données à Reclaim Finance, les banques françaises ont financé 20 milliards de nouveaux projets fossiles en 2024.

Questions fréquentes

Les banques financent-elles seulement le pétrole et le gaz via des prêts ?
Non. Les montants cités agrègent des prêts et des opérations de marchés, comme des émissions d’actions ou d’obligations, selon 20 Minutes qui reprend le rapport « Banking on Climate Chaos ».
Que recouvrent les chiffres sur l’« expansion » des énergies fossiles ?
Une source citée indique qu’en 2024, les banques ont accordé 429 milliards de dollars à l’expansion des énergies fossiles, une catégorie qui vise l’augmentation de capacités fossiles.
Quelle banque française ressort comme la plus exposée dans le classement mondial évoqué ?
Selon 20 Minutes, BNP Paribas est la première banque française dans le tableau mondial, avec 17 milliards d’euros de financements aux énergies fossiles en 2024.
Pourquoi l’accord de Paris est-il mentionné dans ces classements ?
Parce qu’il fixe un objectif de limitation du réchauffement à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle (1850-1900), rappelé par 20 Minutes, et sert de référence pour juger l’alignement des flux financiers.

À retenir

  • Les financements aux énergies fossiles ont augmenté de 23 % en 2024, pour dépasser 850 milliards de dollars, selon un consortium d’ONG cité par 20 Minutes.
  • Une synthèse publiée le 23 septembre 2025 indique que les grandes banques financent plus du double de fossile par rapport aux énergies soutenables.
  • BNP Paribas est la première banque française dans le classement mondial évoqué, avec 17 milliards d’euros en 2024 selon 20 Minutes.
  • Depuis l’accord de Paris de 2015, près de 8 000 milliards de dollars auraient été dirigés vers pétrole, gaz et charbon, selon « Banking on Climate Chaos » cité par 20 Minutes.
  • Selon Reclaim Finance, les banques françaises ont financé 20 milliards de nouveaux projets fossiles en 2024.
Boris Rabilaud
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