Septembre 2024, Google Cloud RPC, BigQuery et startups Web3, ce que son offensive blockchain révèle aux rivaux

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Google Cloud renforce sa présence dans les infrastructures blockchain avec une offre qui combine accès aux données, hébergement de nÅ“uds, outils d’analyse et accompagnement commercial. Selon FinanceFeeds, la filiale cloud de Google cherche à répondre aux besoins des développeurs Web3 dans un marché déjà occupé par Alchemy, Infura, QuickNode, Amazon Web Services et Microsoft Azure.

Google Cloud RPC cible les développeurs Web3 depuis septembre 2024

Le lancement du service Blockchain RPC en septembre 2024 a marqué une étape importante dans la stratégie de Google Cloud. Le principe repose sur un point d’accès managé permettant aux applications de lire et d’envoyer des données vers une blockchain sans gérer elles-mêmes l’infrastructure sous-jacente. Pour un développeur, l’intégration peut se faire avec une seule ligne de code, selon les éléments mis en avant par l’entreprise.

Cette promesse technique répond à un problème connu dans l’écosystème Web3. Les applications décentralisées doivent interroger en permanence des réseaux publics pour vérifier des soldes, suivre des transactions ou exécuter des contrats intelligents. Sans service managé, les équipes doivent déployer et maintenir leurs propres nÅ“uds, surveiller la disponibilité, gérer les mises à jour logicielles et absorber les pics de trafic. Le coût humain devient vite élevé, surtout pour une jeune société.

Avec Google Cloud, l’accès RPC est présenté comme une brique d’infrastructure comparable aux services déjà proposés par Alchemy, Infura et QuickNode. Ces acteurs se sont imposés en facilitant la connexion entre applications et blockchains publiques. L’arrivée de Google Cloud ne supprime pas leur avance, mais elle ajoute un concurrent doté d’un réseau mondial, de capacités de sécurité éprouvées et d’une relation ancienne avec les grands comptes.

L’enjeu dépasse la seule facilité d’intégration. Dans la finance décentralisée, les jeux blockchain ou les places de marché de jetons numériques, une coupure d’accès peut bloquer les utilisateurs et dégrader la confiance. Un fournisseur cloud généraliste doit donc garantir la latence, la continuité de service et la traçabilité opérationnelle. C’est sur ces critères que Google Cloud tente de transformer sa notoriété technique en argument commercial auprès des équipes blockchain.

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Développeur intégrant un service RPC blockchain managé
Le service RPC managé vise à simplifier la connexion des applications Web3 aux réseaux publics. — © Image générée par IA / Ideogram

BigQuery ouvre Avalanche, Polygon et Tron aux analystes

L’autre pilier de l’offre repose sur BigQuery, l’entrepôt de données de Google Cloud. La plateforme héberge des jeux de données publics issus de blockchains, ce qui permet d’effectuer des requêtes en SQL sur des transactions enregistrées directement on-chain. Les analystes peuvent examiner des transferts de jetons, des interactions avec des contrats intelligents ou des soldes de portefeuilles sans construire eux-mêmes toute la chaîne de collecte.

Google Cloud a enrichi ce dépôt avec 11 blockchains supplémentaires, dont Avalanche, Arbitrum, Cronos, Fantom, Near, Optimism, Polkadot, Polygon et Tron. Cette extension donne aux équipes de recherche, aux sociétés d’analyse et aux acteurs financiers un accès plus direct à des réseaux très utilisés. Les volumes, les frais, les adresses actives et les flux entre protocoles deviennent comparables dans un environnement de requête commun.

L’intérêt de cette approche tient à la normalisation. Les données blockchain sont publiques, mais leur exploitation reste complexe. Chaque réseau possède ses formats, ses outils d’indexation, ses délais de finalisation et ses conventions techniques. En intégrant ces sources dans un service analytique déjà connu des entreprises, Google Cloud réduit la barrière d’entrée pour des équipes habituées aux bases de données classiques, mais moins familières des explorateurs de blocs.

Pour une plateforme d’échange, un cabinet de conformité ou un gestionnaire d’actifs numériques, l’accès via SQL peut accélérer les contrôles. Une équipe peut suivre des mouvements suspects, mesurer l’activité d’un protocole ou comparer la liquidité entre plusieurs réseaux. Les données issues de Polygon ou de Tron peuvent aussi être croisées avec des informations internes, comme des historiques clients ou des indicateurs de risque, dans le respect des cadres juridiques applicables.

Cette capacité analytique place Google Cloud sur un terrain différent de la simple fourniture de serveurs. L’entreprise ne se limite pas à héberger des applications blockchain, elle cherche à devenir un intermédiaire technique pour comprendre l’activité des réseaux. Cette position intéresse les acteurs institutionnels, qui réclament davantage d’outils de mesure avant d’engager des capitaux ou de déployer des produits destinés au grand public.

Analystes consultant des données blockchain dans BigQuery
Les jeux de données publics permettent aux analystes de comparer plusieurs blockchains via des requêtes SQL. — © Image générée par IA / Ideogram

Les nœuds et validateurs deviennent un service managé

Google Cloud met aussi en avant l’hébergement de nÅ“uds blockchain et de validateurs. Un nÅ“ud participe au fonctionnement d’un réseau pair à pair en conservant et en partageant l’historique des transactions. Un validateur joue un rôle plus sensible sur certains protocoles, car il contribue à vérifier les blocs et à sécuriser le consensus. Pour les entreprises, ces composants sont essentiels, mais leur exploitation demande une surveillance constante.

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La création d’une équipe dédiée aux actifs numériques avait déjà donné une direction à cette stratégie. Google Cloud avait indiqué vouloir aider les clients à héberger des nÅ“uds RPC et à déployer des validateurs plus facilement, avec des mécanismes proches du déploiement en un clic. L’objectif consiste à réduire la complexité opérationnelle pour les développeurs, tout en conservant les standards attendus sur un cloud d’entreprise.

Dans cette logique, des services comme Compute Engine, le réseau privé virtuel et les règles de pare-feu apportent des garanties concrètes. Les nœuds peuvent être placés derrière un filtrage strict, réservé à des machines ou utilisateurs autorisés. Cette configuration limite les accès non souhaités, un point critique pour des infrastructures capables de relayer des transactions, de publier des contrats intelligents ou de lire des données sensibles pour une application financière.

Le modèle managé présente aussi un avantage en matière de continuité. Google Cloud peut surveiller les instances, détecter certaines pannes et redémarrer des composants lorsque l’infrastructure le permet. Pour une société qui exploite plusieurs environnements de test et de production, cette automatisation réduit le nombre d’alertes traitées manuellement. Elle ne supprime pas la responsabilité de l’éditeur, mais elle transfère une partie du travail de maintenance vers le fournisseur.

Des entreprises du secteur, notamment Dapper Labs dans l’univers des applications grand public et des objets numériques, ont recherché ce type de socle technique pour absorber des variations d’audience. Dans les jeux, les NFT ou les services financiers, l’infrastructure doit supporter des périodes de trafic très concentrées. Le recours à des validateurs et à des nÅ“uds managés traduit une maturation du marché, où la performance technique devient un facteur de crédibilité commerciale.

Blockworks et Google Cloud courtisent les jeunes pousses Web3

Au-delà des services techniques, Google Cloud élargit son programme destiné aux jeunes entreprises Web3 en partenariat avec Blockworks. Le dispositif prévoit des crédits cloud, un accompagnement technique et un soutien à la mise sur le marché. Pour une startup blockchain, ces trois éléments peuvent peser lourd dans les premiers mois, lorsque les dépenses d’infrastructure augmentent avant que les revenus ne deviennent réguliers.

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Les crédits réduisent la pression financière sur les équipes qui testent un protocole, une application décentralisée ou un outil d’analyse. L’appui technique peut aussi accélérer des choix d’architecture, comme la répartition entre nÅ“uds dédiés, services RPC, stockage, bases analytiques et surveillance. Le soutien commercial, lui, répond à une difficulté récurrente des projets Web3, convaincre des partenaires et des clients dans un secteur marqué par des cycles de confiance très rapides.

Cette offensive intervient dans un environnement concurrentiel. AWS propose Amazon Managed Blockchain, un produit destiné à simplifier le déploiement de réseaux et de composants blockchain sur son cloud. Microsoft Azure a aussi développé des modèles et services orientés blockchain-as-a-service. Face à ces concurrents, Google Cloud cherche à se différencier par la combinaison entre données publiques, puissance analytique, réseau mondial et intégration avec ses outils développeurs.

Le calendrier compte également. En 2026, les entreprises qui s’intéressent aux actifs numériques ne se contentent plus de discours exploratoires. Elles demandent des coûts prévisibles, des contrats de service lisibles et une compatibilité avec leurs exigences de conformité. Les fournisseurs cloud savent que les projets les plus durables ne viendront pas seulement de la spéculation, mais aussi de cas d’usage liés aux paiements, aux programmes de fidélité, à la traçabilité et aux infrastructures de marché.

Le partenariat avec Blockworks sert donc de porte d’entrée vers un écosystème de fondateurs, d’investisseurs et de développeurs spécialisés. Pour Google Cloud, chaque startup accompagnée peut devenir un client à long terme si son produit rencontre son marché. Pour les jeunes pousses, l’enjeu consiste à bénéficier d’une infrastructure reconnue sans perdre la flexibilité nécessaire aux cycles rapides du Web3. La bataille se jouera sur la fiabilité, le prix et la capacité à transformer une technologie complexe en service utilisable.

À retenir

  • Google Cloud propose un service Blockchain RPC intégré par une seule ligne de code.
  • BigQuery donne accès à des jeux de données publics issus de nombreuses blockchains.
  • L’hébergement managé de nÅ“uds et validateurs réduit la charge opérationnelle.
  • Le partenariat avec Blockworks vise les startups Web3 en phase de croissance.
  • AWS et Microsoft Azure restent des concurrents directs sur ce marché.
Boris Rabilaud
Boris Rabilaudhttps://voone-actu.com
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