Thomas Roux : Confinement et psychiatrie, une situation à gérer

Le confinement, ce sont des millions de français qui ont, du jour au lendemain, dû faire une croix sur leurs déplacements et activités habituels, afin de réduire le risque de propagation d’un virus. La charge mentale a été très élevée pour bon nombre d’entre eux qui ont été obligés de cumuler vie professionnelle par le biais du télétravail et vie de famille ; les enfants ne pouvant pas aller à l’école.

Ces deux épisodes, mais aussi la crise sanitaire du Covid-19 en général, ont créé de l’angoisse allant même jusqu’à de véritables crises de panique. Si l’on a beaucoup parlé des professionnels de santé physique, sur le front pendant des mois, ceux de la santé mentale l’étaient tout autant comme pourrait en témoigner Thomas Roux, à Limoges, où il a exercé en tant que Directeur du Centre Hospitalier d’Esquirol.

Comment les confinements ont affecté les français :

Gérer l’épidémie dans son sens le plus large : voilà qui n’est pas chose aisée. Pourtant, à Limoges, Thomas Roux a de l’expérience.

Après avoir décidé, très jeune qu’il serait directeur d’établissement de santé pour aider les professionnels dans l’exercice de leur tâche au quotidien, il suit un premier cycle de droit, pour ensuite suivre les cours de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique. S’il a eu plusieurs expériences professionnelles qui ont permis à cet homme de prouver sa valeur, il sait que la formation, dans ce domaine, doit être aussi continue.

C’est pour cela que, même en poste, il continue en 2022 le Cycle des Hautes Etudes du Service Public.

Après ses années de formation initiale, ses compétences lui font obtenir des postes à responsabilité dans divers établissements de santé, au sein desquels il doit gérer les finances, dans plusieurs régions françaises.

En arrivant à Limoges, Thomas Roux découvre déjà une région magnifique dont il avait entendu parler par son épouse. C’est décidé, c’est là qu’il veut élever ses enfants. Nous sommes alors en 2018 et Thomas Roux prend la direction du Centre Hospitalier d’Esquirol. Spécialité : la santé mentale.

Le constat pour ce directeur est effarant. Alors que les demandes sont nombreuses, le tabou lié à la psychiatrie a la dent dure. Des personnes préfèrent se passer de soins plutôt que l’on associe leur nom à la santé mentale, ne serait-ce qu’au niveau des paiements bancaires.

Fin 2019 et surtout en 2020, alors que Thomas Roux à Limoges tente de lutter contre les préjugés à coups d’interviews et d’articles de presse, le Covid-19 fait une entrée fracassante dans le monde.

Des morts par millions, un nombre de contaminations effarant chaque jour, des hôpitaux saturés, des professionnels de santé en première ligne et impuissants : pas assez de lits, pas assez de moyens et surtout pas de réponse quant à ce nouveau virus qui semble tentaculaire.

Si les médias ont beaucoup parlé de ces difficultés, peu ont eu le courage (ou l’envie) de parler de comment le psychisme peut être perturbé lors de situations aussi anxiogènes.

Thomas Roux : Quelle est l’image de la psychiatrie aujourd’hui ?

L’image qu’ont de la psychiatrie les professionnels eux-mêmes n’est guère enthousiasmante. Alors qu’il y encore trente ans, on considérait cette spécialité avec beaucoup d’intérêt, c’est désormais un secteur moribond. Les professionnels regrettent entre autres, le fait que pour beaucoup, le traitement médicamenteux soit considéré comme le remède à tout, alors qu’il faut l’asseoir avec une thérapie.

La faute aussi, comme a pu le constater Thomas Roux à Limoges ; mais le phénomène est bien entendu le même partout en France ; à la différence financière qui est apportée à cette spécialisation de la médecine. La tarification n’est pas corrélée à l’activité. Le secteur de la santé mentale se voit donner une simple dotation annuelle qu’il s’agit de gérer au mieux.

Une gageure sachant que des études effectuées par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) prouvent que d’ici quelques années (4 ans, seulement), une personne sur cinq sera (on ne parle pas ici au conditionnel, mais bien au futur), concernée par un trouble mental.

Alors, demain, tous fous ? C’est en tout cas comme cela que l’on peut l’interpréter si l’on ne connait pas bien la psychiatrie et le domaine de la santé mentale.

Car la psychiatrie, ce ne sont pas systématiquement des forcenés qui hurlent à la lune et rêvent d’assassiner leur prochain.

La santé mentale, ce sont des attaques de panique, parce que le Covid-19 a été la preuve tangible que la mort peut frapper n’importe qui, en quelques jours. Si cela est vrai pour les adultes, les enfants ont vu certains de leurs proches, peut-être mourir, ou qui tout simplement, ont entendu les chiffres aux informations ont compris que la maladie et la mort étaient des sujets bien réels, pourtant causés par un ennemi microscopique. De quoi ébranler la toute-puissance qui est la leur jusqu’à un certain âge. Les consultations en pédopsychiatrie explosent.

Même s’ils craignent la maladie mentale, les français sont plus de 86% à souhaiter une meilleure prévention. C’est aussi un point que voulait mettre en place Thomas Roux à Limoges en interpellant les personnes de la ville à apporter un regard neuf sur autrui.

Depuis cette expérience à Esquirol qui l’a bien entendu marqué au fer blanc, Thomas Roux a changé d’établissement pour diriger la Polyclinique de Limoges. Une autre façon de faire, mais pourtant, les mêmes problèmes : gérer les places, le financement, les problèmes de 1 000 professionnels qui y oeuvrent tout en faisant face ; encore ; au Covid-19.

Mise en place des unités Covid, mais aussi permettre aux français de pouvoir recevoir les injections de vaccin qui les protégeraient pendant un temps de la maladie a été un travail de longue haleine.

Thomas Roux, cependant, n’a rien contre les défis. Il s’est fixé un objectif depuis bien longtemps : aider les professionnels de santé. C’est n’est certainement pas un virus qui va le détourner de son chemin. Quant aux préjugés sur la santé mentale, il continue à lutter contre eux, de toutes ses forces. Espérons que son message ait été entendu.

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Boris Rabilaud
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